Sommaire
- Une bankroll est un capital fermé : vous décidez du montant à l’avance, vous ne le rechargez jamais à chaud après une perte.
- L’unité de mise standard se situe entre 1 % et 3 % de la bankroll. Au-delà, deux mauvaises séries successives suffisent à effacer la moitié du capital.
- Une bankroll réussie n’est pas mesurée en gains, mais en respect du cadre : nombre de mises sans dépassement, capacité à stopper après une perte planifiée.
Pourquoi la bankroll change tout
Sans bankroll, chaque mise dépend de l’humeur du jour, de la dernière perte, du dernier match suivi. Avec bankroll, vous remplacez l’instinct par une règle. Ce n’est pas une garantie de gagner, mais c’est ce qui empêche une mauvaise nuit de devenir un mois de salaire évaporé.
Le terme vient de l’anglais des cercles de poker : la « roll » désigne la pile de billets posée sur la table. Aujourd’hui, dans le jeu d’argent en ligne, la bankroll prend la forme d’un solde dédié — souvent un compte joueur séparé du compte courant — alimenté à intervalles fixes et jamais en réaction à une perte.
Combien mettre dans une bankroll
Trois principes simples, applicables à n’importe quel type de jeu (paris sportifs, turf, poker, casino) :
- Ce que vous pouvez perdre intégralement sans impact sur le loyer, les courses ou l’épargne. Si la perte totale de la bankroll vous mettrait en difficulté, le montant est trop élevé.
- Un montant que vous décidez à froid, en début de mois ou de cycle, jamais juste après une session.
- Versé en une fois, puis fermé. Une bankroll qu’on recharge en cours de cycle n’est plus une bankroll, c’est un robinet ouvert.
Pour fixer le montant, beaucoup de joueurs prudents partent de la règle « 1 % du revenu mensuel net ». Sur un revenu de 2 500 € net, cela donne une bankroll mensuelle de 25 €. Cela peut sembler peu, mais c’est précisément le but : garder le jeu dans le registre du loisir, pas du complément de revenu.
L’unité de mise : entre 1 % et 3 %
Une bankroll fermée ne suffit pas — encore faut-il calibrer la taille de chaque mise. C’est ce qu’on appelle l’unité de mise.
Sur une bankroll de 100 €, une unité à 1 % = 1 €, à 3 % = 3 €. La règle empirique vient des calculs de risque de ruine : avec une unité à 5 %, deux mauvaises séries consécutives de 10 mises perdues effacent la moitié de la bankroll. À 1 %, la même série ne coûte que 10 % du capital — supportable sans rupture.
| Unité de mise | Mises perdues avant ruine théorique* |
|---|---|
| 1 % | 100 |
| 2 % | 50 |
| 3 % | 33 |
| 5 % | 20 |
| 10 % | 10 |
*Calcul simplifié sans gains intermédiaires, à titre indicatif.
Les joueurs très expérimentés ajustent l’unité à la confiance qu’ils ont dans la mise (concept de Kelly fractionnaire, voir notre guide value bet pour les paris sportifs). Pour la majorité, une unité fixe à 1 % ou 2 % reste l’option la plus simple et la plus protectrice.
Le moment du stop-loss
Une bankroll bien construite intègre un seuil d’arrêt : si vous perdez X % de la bankroll en une session, vous arrêtez la session — pas pour la journée, pour de bon jusqu’au cycle suivant.
Stop-loss courant : 30 % de la bankroll en une session. Sur 100 €, cela revient à arrêter à -30 €. La logique est mathématique : continuer après ce seuil augmente la probabilité d’aller au tilt (multiplier les mises pour rattraper, sortir de l’unité de mise prévue).
Un stop-win existe aussi, plus rare : encaisser quand on atteint un certain niveau de gain (par exemple +50 % de la bankroll) au lieu de remettre les gains en jeu. Plus disciplinaire que mathématiquement optimal — mais utile si vous savez que vous avez du mal à vous arrêter dans une bonne série.
Bankroll par type de jeu
L’application varie selon l’activité.
Paris sportifs
L’unité standard est de 1 à 2 % par mise. Sur 100 € de bankroll, mises de 1 à 2 €. Les joueurs orientés value bet (cf. notre dossier sur le concept) modulent légèrement selon la confiance, sans jamais dépasser 5 % sur une mise unique.
Turf / PMU
Le risque de variance est plus élevé (gains rares mais gros, longues séries de pertes). On conseille une unité plus faible, autour de 0,5 % à 1 %, et de réserver le quinté à des cycles dédiés (jouer une fois sur deux ou trois courses, pas tous les jours).
Casino (roulette, blackjack, machines à sous)
L’espérance mathématique est négative — la maison gagne à long terme. Une bankroll casino se gère donc en sessions plafonnées plutôt qu’en unité de mise stable. Vous fixez un budget par session (ex. 10 € sur 100 € de bankroll), vous jouez ces 10 €, puis vous arrêtez la session quoi qu’il arrive.
Poker
C’est le seul jeu où la bankroll s’exprime souvent en buy-ins (achats de cave) plutôt qu’en pourcentage. Règle classique : 20 buy-ins minimum pour la limite jouée. Un cash game à 0,02/0,05 € avec cave 5 € requiert donc une bankroll de 100 €.
Erreurs les plus fréquentes
- Recharger en cours de cycle après une mauvaise série, en se disant que « cette fois, ça va passer ». C’est la fin de la bankroll comme garde-fou.
- Augmenter l’unité après un gain — c’est tentant, mais c’est aussi la voie pour rendre les gains et plus.
- Calculer en montants absolus au lieu de pourcentages. Si la bankroll fond, l’unité de mise doit suivre, pas rester figée à 5 € quand il ne reste que 30 € sur le compte.
- Tenir une comptabilité approximative. Une bankroll non suivie ne se discipline pas. Un simple tableur avec date, mise, résultat suffit.
Outil minimum : un tableur de suivi
Trois colonnes suffisent : date, montant misé, gain net (positif ou négatif). Une quatrième colonne calcule la bankroll restante. C’est ce tableau qui révèle, après deux ou trois mois, si vous tenez votre cadre ou s’il faut rebattre les cartes.
L’objectif n’est pas de transformer le jeu en activité comptable — c’est d’avoir un retour visuel honnête, qui contre l’impression subjective (« j’étais sur une bonne passe ») par les chiffres réels.
Jouer responsable
Une bankroll bien tenue protège surtout d’une chose : ne jamais jouer ce qu’on ne peut pas perdre. Si vous ressentez le besoin d’augmenter le budget, de cacher les mises ou de jouer pour « rattraper », contactez Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé, anonyme).